La métamorphose du Canadien

Filed Under (Agents libres, Analyse, Humeur, Transaction) by Jean-Philippe on 03-07-2009

Tagged Under : , , , ,

Voilà que les blogueurs et les médias, arrivent à manquer de superlatifs, concernant les dernières acquisitions du tricolore. « Extreme makeover»  pouvait-on lire, à même la version anglaise, du site officiel du Club de Hockey Canadien !

C’est, en effet, une véritable métamorphose. Métamorphose logique, puisque pas moins de dix joueurs se libéraient de leur contrat mercredi dernier, mais métamorphose que l’on n’attendait (presque) plus, tant Bob Gainey, nous avait habitué à user de beaucoup de prudence ces dernières années.

Néanmoins, il ne restait pas grand choix au directeur-général de la formation montréalaise. Komisarek, quoiqu’on en dise, mourait d’envie de tester le marché des joueurs autonomes et ce, dès la fin de la saison. On pourrait néanmoins se demander, quelle mouche a piquée l’ancien numéro 8 du CH, d’aller franchir le Rubicon en allant jouer avec les Maple-Leafs de Toronto !

Une nouvelle ère pour le Canadien

Du côté de Saku Koivu, difficile de dire s’il souhaitait vraiment finir sa carrière ici, mais, bien honnêtement, il fallait tourner la page. Évidemment, personne de suffisamment censé, ne pourra critiquer l’engagement de l’ancien capitaine pour son équipe. Mais ses blessures, les séquelles laissées suite à son cancer, sans oublier, bien évidemment, son âge, avaient fini par amoindrir sérieusement son potentiel et son endurance. Il fallait tourner cette page, voilà qui est maintenant fait.

66067.jpg

Pour Alex Kovalev, et ce malgré ses 35 ans, il aurait pu encore rendre de précieux services au Canadien, surtout en avantage numérique où il n’avait pas son pareil pour loger la rondelle dans un des coins supérieurs du but adverse. Il est clair que même s’il m’a parfois fait rager, surtout à cause de son manque de constance, il va me manquer. Kovalev était l’un des joueurs le plus agréables à regarder manier la rondelle et ce, toutes équipes confondues. Certes, ce n’était pas un joueur « étoile» , mais c’est un de ce qui s’en rapprochait le plus, quoiqu’on puisse en dire.

N’oublions pas Robert Lang qui, s’il ne met pas fin à sa carrière, ne devrait plus pouvoir jouer longtemps dans la ligue nationale. Robert Lang n’aura néanmoins pas à rougir de ses performances de la dernière saison. Car, malgré son âge, il a contribué aux succès de l’équipe, jusqu’à sa blessure au tendon d’Achille.

Les départs de Koivu (34 ans), Kovalev (35 ans) et Lang (38 ans), même si l’on pourra toujours trouver de bonnes raisons pour qu’ils demeurent dans la formation, donnent aussi (et surtout), le signal à du changement et à un certain rajeunissement.

Seul bémol à cette métamorphose, le départ de Alex Tanguay. Ce n’est un secret pour personne, je l’avais placé au sommet, de ma liste de joueurs à signer en priorité, pour le Canadien. Tanguay, malgré ses blessures à l’épaule, avait démontré un sens du jeu incomparable et des talents de passeurs exceptionnels. Certes, comme l’a mentionné Bob Gainey lors de son point de presse, il risquait de faire « double emploi»  avec l’arrivée de Scott Gomez.


Métamorphose à l’attaque

D’ailleurs en parlant des nouveaux venus, ceci à commencé mardi dernier avec l’échange impliquant Christopher Higgins, Ryan McDonagh, Pavel Valentenko et Doug Janik, en retour de Scott Gomez, Tom Pyatt et du défenseur Michael Busto des Rangers de New-York.

On le saura plus tard, mais la venue de Scott Gomez allait servir d’appât, dès le lendemain, afin de convaincre d’autres joueurs d’importance, à rejoindre la formation montréalaise.

Du haut de ses 5′11 et de ses 200 livres, Scott Gomez ne ressemble néanmoins pas au « gros»  joueur de centre que le Canadien recherche depuis des années. Malgré tout, il est plus jeune et d’un plus gros gabarit que Saku Koivu. De plus, en neuf ans dans la LNH, Scott Gomez n’a jamais manqué plus de dix matches durant une saison (2006-2007, il n a joué 72 matches avec le New-Jersey). Scott Gomez est un joueur rapide, un très bon fabriquant de jeu, qui saura toujours comment amener la rondelle en zone adverse.

Avec l’arrivée de Scott Gomez dans l’équipe, l’option Brian Gionta, son grand ami et ancien coéquipier, devint une possibilité très réaliste. Brian Gionta, outre le fait d’avoir gagné la coupe Stanley avec les Devils, avait également connu ses meilleures années en jouant au côté de Scott Gomez. Bob Gainey souhaite donc recréer cette chimie la saison prochaine en reformant ce duo explosif.

Mais la surprise ne venait pas de la signature de Brian Gionta, par contre, l’arrivée de Mike Cammalleri provoqua un certain étonnement chez les observateurs et les analystes de hockey. Personne n’a vraiment vu arriver cette nouvelle acquisition. Et je vais vous le dire bien honnêtement, j’en avais un peu rêvé, sans vraiment sérieusement y croire. Mike Cammalleri devenu autonome, joueur qui a toujours évolué dans l’association de l’Ouest, je ne trouvais pas vraiment de bonnes raisons qui aurait pu le faire déménager à Montréal… et pourtant !

article_14675_2.jpg

De son aveu même, c’est également le fait de trouver ici un bon joueur comme Scott Gomez, qui l’a convaincu de signer pour le Canadien. Bref, la stratégie de Bob Gainey a fonctionné.

Car enfin, j’entends encore les fines bouches, les commentateurs de salon, les « feuseux»  d’opinions qui déblatèrent encore et toujours sur les décisions de Bob Gainey. Un jour, lui reprochant de ne pas suffisamment agir et un autre jour de « trop»  chambouler l’équipe ! On retrouvera donc les mêmes piteuses mines qui jouent leur plus beau rôle, c’est-à-dire celui de la petite vierge effarouchée, tels les Jean-Charles Lajoie et autres Yvon Pedneault, éternels insatisfaits, qui s’empressent de jouer aux « grands connaisseurs»  alors que la rondelle n’est même pas encore tombée sur la glace ! Faut le faire !

Rien qu’avec l’ajout de Scott Gomez, Brian Gionta et Mike Cammalleri, c’est au moins 200 points à eux trois, que l’on met en banque pour la saison prochaine… et encore ! En se basant sur leur dernière saison qui ne fût pas à la hauteur de leur potentiel et surtout, sur le fait que le duo Gomez/Gionta était séparé.

Évidemment, les railleurs l’ont facile en parlant de la « Schtroumpf Line» , sauf qu’ils oublient un détail : aussi « petits»  soient-ils, ils ont toujours donné beaucoup de mal à leurs adversaires, même ceux issus des formations les plus robustes. Ainsi, le grand Zdeno, aussi intimidant soit-il, n’a jamais offert de solides oppositions quand il se faisait déborder par Gionta ou encore Gomez, dans sa propre zone.

Ajoutant à cela Markov et la nouvelle acquisition en défense, Jaroslav Spacek, deux joueurs qui sont reconnus pour bien savoir sortir la rondelle de leur zone et faire de belles premières passes, il est clair que nos adversaires devront maintenant être vigilants s’ils ne veulent pas provoquer des échappées.


Encore des incertitudes

Maintenant, ce sont plus des joueurs comme Plekanec, Kostitsyn (x2), et surtout Carey Price qui m’inquiètent, certainement pas trois bons joueurs d’avant très rapides, rarement blessés et dont deux (Gionta et Cammalleri) vont « remplir le net» . Car ces joueurs, s’ils ne sont pas échangés entre-temps, devront remettre de l’ordre dans leur tête, retrouver une bonne éthique de travail (même si celle de Plekanec n’est certainement pas à remettre en question), et surtout, jouer à la hauteur de leur talent.

Plekanec, je suis bien navré pour lui, mais il n’a plus le choix de retrouver son talent de marqueur. Price, quand à lui, devra reposer ses pieds sur terre et, quitte à utiliser un vieux clicher, retrouver sa concentration… tout au long de la saison.

Pour ce qui est des frères Kostitsyn, espérons qu’ils auront compris la leçon. Alors à moins qu’ils veuillent échouer dans une équipe de la KHL, il faudra qu’ils deviennent des joueurs qui pourront épauler adéquatement le premier trio. Car il est hors de question de se reposer sur un seul trio, à l’instar de l’an passé, pour espérer se rendre loin dans les séries éliminatoires…

Vrais héros et fausses idoles

Filed Under (Analyse, Humeur) by Jean-Philippe on 08-05-2009

Tagged Under : , ,

Avec l’élimination du Canadien de Montréal, mon activité "blogesque" s’est pas mal éteint. Il y aurait bien des choses à dire, concernant l’éventuelle vente de l’équipe, les rumeurs concernant les entraîneurs-chefs potentiels, les frasques de Gary Bettman face à sa bête noire, Jim Balsillie… mais rien n’étant véritablement confirmé, je reste prudent avec tous ces bruits de couloirs.

Par contre, aujourd’hui, j’ai pris part à un intéressant débat sur le hockey et la glorification de quelques "débiles incultes", sur le blogue de JT UTAH : 25stanley.com .

Son blogue a beau l’air "léger" et parlant beaucoup des frasques nocturnes de nos joueurs favoris, cela ne m’a jamais empêché de le visiter régulièrement, pour me détendre, mais aussi, je l’avoue, par curiosité. Je le trouve bien fait, et d’ailleurs, cela fait bien longtemps qu’il est présent dans ma liste de liens.

Aujourd’hui donc, il était question de la glorification outrancière de certains joueurs de hockey. Illustrant le propos, un message posté par un certain "Guy LeVasseur" qui prend bien soin d’énumérer un véritable catalogue de titres. Ainsi, il se définit lui-même comme, je le cite : "spécialiste en communications, en publicité, en anthropologie et en analyses socio démographiques" . Excusez du peu !

Certes, cela pourrait être vrai… mais entendons-nous que ce genre de "spécialiste" se retrouvent plutôt dans les colonnes de La Presse que sur des blogues de hockey. D’ailleurs, ce Guy LeVasseur avait posté le même message il y a quelques mois, ici-même ! Manque d’inspiration ou fainéantise pure et simple ? Je ne le sais pas !

Là où je remets en doute son "catalogue" de titre pompeux et présomptueux, c’est lorsque l’on étudie sa prose de plus près…

Le hockey sur glace au Québec fut un temps de notre histoire, notre sport national dans les années 50 et 60, lorsque la LNH était composé des six équipes d’origine.

En ces temps de révolution tranquille, la population québécoise était simplement spectatrice et ne pratiquait aucuns sports d’hiver ou d’été.

Lorsque l’on ouvre les livres d’histoire, on constate, au contraire, la très grande importance que revêt les loisirs et des sports avant et durant la "Révolution tranquille". Françoise Tétu de Labsade, par exemple, dans son superbe ouvrage "Le Québec : un pays, une culture" (éditions Boréal), parle des efforts soutenus pour unifier les fédérations sportives dans les années 60. De nombreux Québécois pratiquent le patinage ou le hockey sur des patinoires en plein-air improvisées. Les enfants rejouaient, déjà à cette époque, les matches de leurs héros du Tricolore.

Certes, ce n’était pas de la haute compétition. Le sport amateur organisé était pratiquement inexistant, mais cela était valable pour l’ensemble des pays occidentaux. Ce sont les années 70 et surtout 80, qui ont vu exploser l’activité physique et le sport. Mais c’est logique, la retransmission des grands événements sportifs, comme les Jeux Olympiques, ainsi que la promotion de la bonne santé par l’activité physique y était pour beaucoup.

Le soccer par exemple a pris une importance telle au sein de notre société qu’elle détrône désormais le hockey sur glace par un large écart au niveau du nombre d’inscriptions en fédération sportive et surtout, il s’agit d’une discipline qui est pratiquée à part égales par les jeunes garçons et les jeunes filles.

J’avoue que ce paragraphe est assez pathétique ! Comparer le soccer avec le hockey, c’est aussi intelligent que de comparer Beethoven avec Lady Gaga ! Pourquoi ? Parce qu’à de nombreux points de vue, ça n’a rien à voir !

Je ne nie pas la popularité du soccer. Mais entendons-nous bien, ça prend quoi pour jouer au soccer ? Une paire de running-shoes à 50 piastres, un bout de gazon et une belle après-midi ensoleillée ? C’est tout ! N’importe qui peut s’improviser joueur de soccer. Quelles sont les habilités indispensables pour y jouer ? Savoir courir… le reste, c’est de la pratique.

Côté hockey, c’est une toute autre histoire ! Ça prend des patins… disons qu’on ne vise pas la haute compétition, alors on peut trouver des patins "pas-pire" pour 150$. Un bâton, on va en prendre un en bois, bien basique, c’est 40$, mais il se pourrait que l’on doive en racheter d’autres durant la saison, n’est-ce pas ? Des protections (genouillères, jambières, casque…) qui peuvent se monter à un total de 350-400$ facile. Rien qu’avec ça, on arrive 500$ minimum… et je n’ai pas compté le chandail, les rubans, la location de la patinoire !

Et quand on est enfant, ce genre d’équipement doit être racheté à chaque changement de taille !

Comment donc pouvons-nous sérieusement comparer l’un des sports les moins onéreux, avec l’un des sports les plus dispendieux au monde ? C’est un peu comme se demander pourquoi les motels "Super 8" sont plus populaires que les hôtels Fairmont !

Il est évident que depuis les années 70, l’importance du hockey sur glace dans l’imaginaire des jeunes québécois du primaire, du secondaire, du collégial et des universités s’amenuise considérablement et fond comme neige au soleil année après année.

Le hockey sur glace est désormais considéré par la majorité de la jeunesse québécoise sportive comme une discipline sportive de “Mon Oncles” complètement dépassée et basée sur la violence. Les vedettes de la LNH et de la LHJMQ sont ainsi considérées par cette même jeunesse sportive comme des débiles légers incultes, sans éducation et surtout arrogants et surpayés. Les évènements récents au CH (les frères K) et à la LHJMQ (le fils de Patrick Roy) semblent leur donner entièrement raison. Les jeunes joueurs de hockey du primaire, du secondaire et du collégial sont la risée des autres jeunes sportifs du même âge et se referment ainsi sur eux même dans une sous culture fermée.

J’apprécie beaucoup le "il est évident que…", comme si ça coulait de source, que les faits étaient clairs et incontestables. Ici, l’auteur tente d’imposer son point de vue en écartant tout débat. Le fait même d’employer "il est évident que…" démontre que Guy Levasseur se ferme à toute idée contradictoire.

Pourtant, son argumentation est, bien au contraire, très contestable ! Et là, les chiffres et les faits sont bel et bien existants pour étayer ma thèse.

Jamais le hockey n’a été aussi populaire au Québec ! Jamais ! Le Centre Bell affiche complet à tous les matches locaux depuis la saison 2005-2006 et ce, donc, pour 41 matches par an, sans compter les séries éliminatoires. RDS, pourtant un réseau du câble, a battu des records d’audience. La plupart des matches du Canadien son millionnaires et l’on a même atteint 1.8 millions d’audience durant les séries de la saison 2007-2008. Soit plus que "Star Académie" et "Tout le monde en parle", les deux émissions les plus populaires de la télévision généraliste.

La jeunesse considère les joueurs de hockey comme des "débiles" ? Voyons donc ! Je vois des gamins porter des t-shirts du Canadien ou des casquettes du CH à tous les coins de rue ! La patinoire extérieur de mon quartier, était prise d’assaut cet hiver par des dizaines de jeunes avec des chandails du Tricolore… ce qui ne leur empêche pas de jouer au soccer durant l’été. Normal, je reste dans la Petite-Italie. Mais même dans les commerces italiens, pourtant de gros fanatiques du soccer, il y a très souvent un drapeau du Canadien et les matches sont retransmis dans les bars !

Mais surtout… avez-vous vu le monde durant les entraînements du CH ? Soit au Centre Bell, soit au centre d’entraînement Dix30, des centaines de jeunes viennent acclamer les joueurs ! Et je ne parle même pas du vaste succès de la patinoire extérieure du quartier St-Michel.

Baisse de popularité du hockey ? Il faut être sacrement aveugle ou de mauvaise-foi pour affirmer une telle chose !

Vedettes surpayés et débiles ? Peut-être, mais ne peut-on pas coller ces épithètes à l’ensembles des sports considérés comme "majeurs" ? Lorsque l’on écoute une vedette de soccer européen en entrevue, vedette parfois bien plus surpayée que nos joueurs de hockey, est-ce que cela respire toujours l’intelligence ? Je ne crois pas ! Et ce n’est pas un reproche ! … Ils sont tous récupérés très jeunes, dans un système de fédération sportive, dans lequel ils vont se développer, mettant, de facto, les études et leur scolarité de côté.

C’est peut-être triste, mais ces athlètes sont payées pour jouer et gagner des matches, pas pour remporter un prix Nobel de physique ! De la même façon, les esprits les plus brillants sont rarement de grands sportifs… Question de priorité, de temps et d’intérêt !

Les jeunes filles ‘’souris d’arénas’’ admiratrices de joueurs de Hockey du junior AAA sont aussi isolées et déjà considérées par les autres garçons et filles sportives de leur âge, comme des ‘’putasses junior’’ qui finiront un jour soit sur la rue St-Laurent à Montréal, soit comme danseuses chez Paré pour les plus belles ou dans le Bar du deuxième rang de ‘’Saint-Pouces en bas de la Carte’’ pour les plus moches.

Les parents des jeunes joueurs de hockey sont perçus comme étant atteints du syndrome ‘’CVL’’ (Comme Vincent Lecavalier) qui ont forcé leurs enfants à pratiquer le hockey sur glace contre la volonté même de plusieurs de ces jeunes, intéressés par d’autres sports ou il est plus facile de rencontrer de ‘’Vrai Filles’’ de leur âge, elle même sportives. Ces parents atteints du syndrome CVL et complètement aveuglés par leur rêve projeté sur leurs enfants sont ainsi prêts à agresser physiquement un autre joueur, un autre parent, un arbitre ou un entraineur qui nuit à leur rêve de voir un jour leurs fils sélectionné au sein de la LNH, si possible dans le sud des USA, pour se faire payer une belle maison à Miami ou Tampa Bay par leur fils maintenant millionnaire.

Ah ! C’est vrai que des jeunes filles en chaleur devant des joueurs de football, de soccer, de base-ball… ça n’existe pas ! Ainsi, y’a vraiment juste au hockey que l’on voit ça ? Les hystériques dans les shows de Star-Académie, les groupies d’artistes, les paparazzi en culottes courtes, ça ne s’est jamais vu !

Il y a effectivement des choses à dire au niveau de la glorification des nouvelles "idoles" du hockey. Il faut toutefois faire preuve de jugement et différencier les groupies des véritables amateurs de ce fabuleux sport. Les groupies sont ceux qui vont aduler Price ou les frères Tétines par mode, parce qu’ils ont une face "cute", parce qu’ils sont jeunes et riches. Ce genre de glorification ne dure jamais longtemps : souvenez-vous d’un certain José Théodore.

Les vraies idoles sont celles qui durent et qui transcendent les générations. Price pourrait en faire partie, non pas parce qu’il est "cute", mais parce qu’en plus, il gagnera des championnats, des coupes, des trophées. Il saura aussi montrer qu’il a une personnalité généreuse à l’extérieur de la patinoire. Admettons que, pour le moment, on en est loin, mais il y a espoir.

Pourquoi Béliveau est si respecté et adulé ? Les jeunes avec la casquette à l’envers, qui ne l’ont pourtant jamais vu jouer, autant que les "séniors" lui font une ovation à chaque fois qu’il se présente sur la patinoire pour un hommage. Car il fût un grand joueur… c’est vrai, mais aussi parce qu’il sert d’exemple par son comportement hors de la glace.

Il n’existe personne de cette trempe aujourd’hui ? Peut-être… mais il est encore trop tôt pour en être sûrs. De plus, des gens de la trempe de Béliveau, y’en a peut-être un tous les 10 ou 20 ans ! …

Pour ma part, même si je ne le compare pas avec Béliveau, un Martin Brodeur est un exemple… Un exemple de travail, de rigueur, de combativité. Oui, il n’est pas flamboyant, il est au contraire discret… mais il y a beaucoup de héros modernes qui le sont par leurs actes et leur comportement, non pas par l’étendue de leur grande gueule.

Mettons de côté les Price et les frères Tétines qui, eux, ont encore beaucoup d’années devant eux pour démontrer ce qu’ils sont vraiment… mais des Koïvu (même si je ne suis pas son plus grand fan), des Bouillon, des Bégin, des Kostopoulos même ! Sont autant d’exemples et de joueurs qui nous inspirent naturellement le respect et une certaine admiration. Encore une fois, on est encore loin de Béliveau, mais la combativité de Koïvu, surtout devant la maladie et les blessures, la volonté et le cœur de Bouillon de Bégin et de Kosto… sont des idoles que l’on aura du mal à oublier et qui sont aimées par le public !

Imaginons les frères K échangés cet été… d’ici deux ans, s’ils reviennent magasiner à Montréal, ils passeront inaperçu. Par contre, je vous garanti que si Bégin s’amène au Centre Bell pour un hommage quelconque, il aura une ovation bien sentie de la part des 21,000 spectateurs…

Le temps finit toujours par séparer le bon grain de l’ivraie ! Les vrais héros sont ceux qui traversent les époques et les modes…

En 2009, les vedettes sportives de la majorité des jeunes québécois sportifs s’appellent :

Vincent Bilodeau ou Jennifer Heil : Coupe du monde de ski de bosse
Dominique Maltais : Coupe du monde Snowboard
Jean-François Le Guellec : Coupe du Monde Biathlon
Alexandre Harvey : Coupe du Monde Ski De Fond
etc., etc., etc.,

Des athlètes internationaux véritables, éduqués et passionnés mais aussi sous payés et sous médiatisés. (Merci quand même à RDS pour leurs efforts méritoires)

C’est vrai qu’il faut aussi louanger nos athlètes, tous nos athlètes. Mais le phénomène mentionné par Guy Levasseur n’a rien de québécois, il est mondial ! Croyez-vous vraiment que les skieurs français, les joueurs de tennis britanniques, les coureurs allemands ont un plus grand poids médiatique dans leur pays comparativement aux vedettes du soccer ?

Les matches de soccer européens sont diffusés sur les plus grands réseaux télévisés, aux heures de grande écoute. Par contre, on ne peut pas du tout en dire autant pour les autres sports ! Il y a peut-être le rugby, en Grande-Bretagne et en France, mais les audiences sont bien inférieures à celles d’un match Liverpool-Arsenal !

À Marseille, la ville ne vit QUE pour l’OM ! Même à Paris, l’équipe de rugby du Stade-Français fait pâle figure comparativement au club de soccer du PSG…

Et l’organisation du Canadien de Montréal l’a très bien compris. À preuve les récents cahiers scolaires du CH, ridiculement subventionnés par le ministère de l’éducation et dont la ministre titulaire a des liens directs d’amitié avec des membres de la direction de l’organisation du CH. Dans les faits, l’organisation du CH a compris cette évolution sociale depuis le début des années 70 et s’est lancé depuis plusieurs décennies dans un exercice de sur médiatisation artificielle du hockey sur glace, systématiquement érigé en système, dans le but d’assurer sa survie :

Noyautage des pages sportives des médias écrits puis des médias électroniques.

Réseau complexe d’analystes sportifs de hockey ‘’courtisant’’ (ou prostitués si vous voulez) qui sévissent à La Zone, à 110 %, à L’Antichambre, à Chorus Sport, etc.

Il existe ainsi donc au Québec depuis de nombreuses années, une distorsion effective entre le poids médiatique actuel du hockey sur glace et son importance réelle au sein de la société québécoise.

Les amateurs de hockey sont les premiers à réclamer des nouvelles sur le Canadien ! Lorsqu’il y a des émissions sur d’autres sports, sur Corus (sans "H"), RDS ou autre, il y a des plaintes et l’audience est beaucoup moins bonne. Les médias en font peut-être parfois un peu trop, c’est vrai, mais la demande est bel et bien là aussi ! Signe d’une grande popularité !

Mais encore une fois, si Guy Levasseur vivait en Europe, il écrirait exactement le même genre de texte… mais à l’encontre du soccer !

Ovation pour Carbonneau au gala Artis

Filed Under (Hommage, Hors glace, Humeur) by Jean-Philippe on 27-04-2009

Tagged Under : , , ,

À l’issue de cette incroyable saison, dont on ne connaît pas encore tous les tenants et aboutissants, beaucoup s’interrogent sur la pertinence d’avoir congédié Guy Carbonneau.

Carbo, qui avait connu une saison époustouflante l’an passé, qui avait continué sur sa lancée en faisant encore mieux en ce début de saison, en s’octroyant même une place d’adjoint au Match des Étoiles de la LNH… mais qui s’est vu montrer la porte, sans doute précipitamment, alors qu’il ne restait que seize matches à jouer.

Carbo, à peine quelques semaines après son départ, commence déjà à prendre sa revanche sur les événements. D’abord, ce sont les partisans, désabusés, qui ont très largement scandé son nom au Centre Bell à plusieurs reprises. Ensuite, se sont les analystes et commentateurs qui, au regard de la fin de saison du CH, se demandent comment Guy Carbonneau aurait pu faire pire, s’il était resté derrière le banc !

Maintenant, hier soir au Gala Artis, ce sont les vedettes et les artisans de la télévision, qui ont montré que l’ancien numéro 21 du Tricolore reste, dans leur cœur, leur favori. Voici l’extrait de l’ovation réservée à l’ancien entraîneur-chef du Canadien de Montréal :

(Source : newsquebec sur YouTube)

LNHabs.com sur Twitter !

Filed Under (Analyse, Hockey, Humeur, Rumeurs, Transaction) by Jean-Philippe on 26-04-2009

Afin de désengorger mon compte personnel, et ainsi éviter de taper sur les nerfs de mes amis qui n’apprécient pas forcément le hockey autant que moi, vous pourrez désormais suivre les nouvelles du Canadien et la plupart des matches en direct sur Twitter à cette adresse : http://twitter.com/LNHabs

Nouvelles importantes, transactions, humeurs et commentaires, voilà ce que vous pourrez y retrouver.

À bientôt !

Canadiens contre Bruins : la vraie saison commence !

Filed Under (Humeur, Séries) by Jean-Philippe on 16-04-2009

Tagged Under : , ,

Ce soir, Boston et Montréal sont à égalité. Les Bruins ont beaux avoir terminé à la première place dans l’Est, ils commencent les séries à zéro point, tout comme le Canadien. Le seul avantage qu’ils ont, et qu’ils vont exploiter à fond, c’est l’avantage de la glace. Sortis de là, la seule certitude qu’il peut y avoir, c’est justement qu’il n’y en a pas !

L’an passé, les rôles étaient inversés. Le Canadien avait pris la pôle dans l’Est, ce qui n’avait pas empêché Boston de donner du fil à retordre au Tricolore… et le Canadien de perdre en deuxième ronde contre Philadelphie.

L’an passé, Carey Price était au bout du rouleau, alors qu’il n’avait pratiquement pas eu de vacances entre la Coupe Calder gagnée par Hamilton la saison 2006-2007 et les séries 2008. L’an passé, l’avantage numérique qui avait été la grande force du Canadien durant la saison était devenue inefficace contre les Bruins en séries.

Si cette année, Carey Price joue à son plein potentiel et que l’avantage numérique continue à produire autant que depuis l’arrivée de Mathieu Schneider, je vous le dis, tout est possible.

En attendant le premier match ce soir, à 19 heures (heure de l’Est), je vous invite à écouter la capsule de Jean-Charles Lajoie de CKAC … un petit chef-d’œuvre linguistique. Un petit bonheur pour les oreilles et toujours les surnoms donnés aux joueurs et aux personnalités du Canadien, mon préféré le fameux Bob "Lady Gaga Poker Face" Gainey…

 
icon for podpress  La Conquête par Jean-Charles Lajoie: Play Now | Play in Popup

Haïssons-les sportivement, mais haïssons Boston !

Filed Under (Humeur, Séries) by Jean-Philippe on 15-04-2009

Tagged Under : , ,

Quelque soit le résultat de la ronde éliminatoire entre les Bruins de Boston et le Canadien de Montréal, il en demeure une certitude, nous aurons droit à toute une confrontation !

La rivalité Bruins-Canadiens est devenue, depuis quelques années, l’une des plus grosses rivalités dans la LNH… Que cela soit de part leur actualité récente ou de part leur histoire, les deux clubs se haïssent. Chacune de leur confrontation est un véritable choc de titans. Chacun de leur match de série est une véritable guerre de tranchée, une bataille épique, qui finit toujours par laisser d’innombrables séquelles de part et d’autre.

Sabre au clair, les deux équipes se frappent le long des bandes, se battent pour le contrôle de la rondelle, y laissant sueur et sang sur l’immaculée glace de la patinoire.

Blessés ou pas blessés, équipe supérieure à l’autre dans les statistiques ou non, les confrontations Montréal-Boston en série se sont rarement déroulées comme la logique aurait pu le dicter. Chacune des deux équipes ayant suffisamment de raisons de vouloir faire payer l’autre, de vouloir anéantir l’adversaire.

Markov n’est pas là ? C’est un sérieux handicap, c’est vrai ! Mais aurait-on déjà oublié que ce n’est pas grâce à ses performances, que le Canadien est parvenu à éliminer les Bruins la saison dernière ? On le pensait même blessé !

D’un autre côté, Latendresse et Lapierre vont aller au front, c’est bien certain. Mais la grande différence avec l’an dernier, c’est qu’ils seront beaucoup plus menaçants et pourront même contribuer au score régulièrement.

Évidemment et idéalement, cela prendrait un réveil du "deuxième" trio. Et même s’il est difficile de croire que ET Plekanec, ET Kostitsyn retrouvent, comme par magie, leur plein potentiel durant les séries, souhaitons qu’il puisse au moins en avoir un qui retrouve sa touche pour donner une chance au Tricolore. Kostitsyn, en particulier, qui a un tir foudroyant, ne pourrait pas mieux tomber pour se ressaisir et faire oublier sa saison de misère.

Rien n’est perdu et rien n’est coulé dans le béton ! L’ultime bataille de la Flanelle commence demain jeudi, c’est le moment d’être derrière nos troupes partis à l’assaut de la forteresse bostonnaise.

Pour finir, un peu d’ésotérisme avec cette image "vaudou" trouvée chez BébéHabs

Bob Gainey, le magicien

Filed Under (Analyse, Hockey, Humeur) by Jean-Philippe on 22-02-2009

Tagged Under : , , ,

La semaine a été difficile pour l’organisation du Canadien, et ce, à bien des niveaux. Je ne reviendrais pas sur l’affaire des "frères K.", j’en ai suffisamment parlé , j’évoquerai plutôt les deux très bons coups qu’à réalisé Bob Gainey cette semaine, contre vents et marées.

Remise en cause et contestations

En écoutant les commentateurs et les tribunes téléphoniques, en lisant les blogues spécialisés et les analystes de hockey, beaucoup pointaient du doigt l’attitude et les décisions du directeur général du Canadien de Montréal.

Serge Savard aussi bien que Guy Lafleur, fustigeaient la façon avec laquelle Bob Gainey avait géré les problèmes du numéro 27 sur la glace. "Manque de respect", pouvait-on lire ou entendre la plupart du temps.

Puis, alors que Gainey avait été élu à la fin de la précédente saison, GM de l’année par ses pairs , le discours des derniers jours semblait totalement aux antipodes des louanges que l’on faisait à son endroit, il y a encore peu.

bilde.jpeg

Dans le désordre, les mauvais repêchages, le départ de Mark Streit, de Cristobal Huet, de Sheldon Souray… Il est vrai que lorsque les résultats de l’équipe ne sont pas bons, il est toujours facile de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, ce ne sera pas la dernière !

Sauf que, au moment des repêchages, personne n’a crié au scandale lorsque le Canadien n’a pas été chercher Zach Parisé (par exemple). Au vu de la saison exceptionnelle de l’an passé, je n’ai pas entendu grand chose concernant le départ de Souray. Les commentateurs parlaient aussi du choix logique de se séparer de Cristobal Huet.

Plus fort encore, on n’entendait que des propos très élogieux envers Bob Gainey, lors du début de la présente saison, le meilleur début de saison en 20 ans, dois-je vous le rappeler ?

Bien évidemment, je ne suis pas en train de dire que Gainey n’a pas fait d’erreur. Au contraire ! Je reste convaincu que le Canadien n’aurait pas dû laisser partir Mark Streit, il est clair que même si notre avantage numérique avait marqué le pas à la fin de la saison dernière, il aurait, sans aucun doute, était beaucoup plus efficace qu’il y a encore peu.

De la même façon, avoir un gardien d’expérience (Huet ou un autre), aurait permis de seconder efficacement Carey Price, autant dans son jeu, qu’en ayant une certaine influence hors-glace. Et quand on voit les performances de Cristobal Huet avec les Blackhawks…

Premier bon coup

Le premier bon coup de Gainey, cela aura été de corriger les effets du départ de Streit. Que cela soit de sa faute ou pas, l’avantage numérique du Canadien, qui avait été dévastateur pour les adversaires, était subitement devenu presque totalement inefficace. D’une saison à l’autre, nous étions partis de la première place à la 26e à un certain moment de la présente saison !

Nous pouvions nous attendre à moins d’efficacité, mais certainement pas à une descente de la sorte.

Le choix de Gainey fût Mathieu Schneider. Joueur de 39 ans, ancien du Canadien de Montréal, qui, semble t-il, voulait revenir au sein de l’organisation. Dès son premier match, sa présence se fit sentir. Évidemment, il aurait été grotesque de tirer des conclusions après seulement un match.

Shneider2.jpeg

Par contre, depuis son retour, on n’a pas le choix de constater un changement radical en supériorité numérique. En seulement trois matches, Mathieu Schneider a marqué deux buts et à été crédité d’une passe, c’est-à-dire un point par match, et tout ça, imaginez-vous donc, en supériorité numérique !

Depuis l’arrivée de Mathieu Schneider :

21 février contre Ottawa : 3 buts en 4 supériorités numériques.
19 février contre Pittsburgh : 1 but en 4 supériorités.
18 février contre Washington : 3 buts en 4 supériorités.

Soit un joli total de 7 buts en 12 avantages numériques !

Juste pour faire une petite comparaison, lors des dix matches précédents l’arrivée du numéro 24, il y a eu pas moins de 37 avantages numériques pour le Canadien pour, tenez-vous bien, un gros total de 5 buts !

C’est vrai que Mathieu Schneider n’est pas un grand défenseur, il porte tout de même un peu le poids des années, mais tout comme Streit l’an passé, Mathieu Schneider est là pour relancer l’attaque à cinq, mais aussi, éventuellement, de faire profiter les autres joueurs de son expérience.

Une chose est certaine, il s’est très vite ré-adapté à la folie montréalaise du hockey !

Deuxième bon coup

Alexei Kovaliev est une énigme pour bien du monde. Que cela soit ses anciens entraîneurs, ou pour les analystes du monde du hockey, Kovy a connu une carrière en dents de scie.

Considéré comme un "trouble-maker" , ou encore "uncoachable" , Kovalev n’en reste pas moins un joueur talentueux. Son talent est reconnu assez unanimement, ce qui provoque ce mélange "amour-haine", entre ceux qui l’appellent "l’artiste" et d’autres qui voient en lui une "Prima-donna", sans aucun esprit d’équipe.

Alex Kovalev a connu de très bons moments avec le Canadien. La saison dernière, malgré son âge (35 ans), il a connu sa deuxième meilleure saison en carrière, ce qui n’est pas peu dire, pour un joueur qui a évolué en compagnie de Jaromir Jagr et Mario Lemieux !

Mais la carrière de Kovalev est à l’image des saisons qu’il connaît aussi sein du tricolore : des hauts et des bas, ajouté à cela l’exaspération de ses entraîneurs.

Rappelons tout de même que c’est en partie à cause de Kovalev que l’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien, a été congédié il y a quelques années. Tout le monde se souviens de la fameuse réplique que le numéro 27 lui avait fait à l’époque… À la question de Julien : "Qu’est-ce que l’on pourrait faire pour secouer l’équipe ?", Kovy lui aurait répondu "Ce ne sont pas de mes affaires, tu es payé pour ça !". Bon esprit d’équipe !

8279.jpg

Après une saison 2006-2007 assez moyenne, Bob Gainey avait rencontré Kovalev pour le recadrer. La discussion avait été fructueuse et, de l’aveu même du joueur, il allait commencer la saison 2007-2008 avec un nouvel état d’esprit. Il avait retrouvé la "flamme" de ses débuts. Motivé, il avait ainsi connu une saison extraordinaire !

C’est vrai qu’il aime Montréal. Il fait partie des joueurs européens qui quittent en dernier le Québec à la fin de la saison, il s’occupe d’une fondation pour enfants malades, il avait participé à l’inauguration du stade Saputo l’été dernier… bref, il est très impliqué dans la communauté, communauté qui, je pense, le lui rend bien.

Mais voilà, il aime aussi Montréal parce que c’est LA ville du hockey par excellence et qu’il n’y aura aucun autre endroit sur Terre, où il pourra être autant adulé par les fans. Guy Carbonneau l’a dit lors du match des Étoiles, Kovalev est un "showman", son compatriote Markov, n’a pas été en reste… il aime se faire apprécier.

Mais voilà, cette saison, rien ne semble aller. Certes, il y a les blessures et l’on ne peut pas entièrement blâmer Kovy pour ses insuccès, mais il y a l’attitude sur la glace, l’effort qui n’est pas toujours là… Gainey l’a bien dit avant-hier : Kovalev avait tendance à faire passer le talent avant le travail, alors qu’il faut commencer par le travail et finir par le talent.

Faire de la broderie sur la glace, essayer de déjouer trois défenseurs, faire quinze tous autour du filet… tout ça pour perdre la rondelle, c’est pas cela que l’on attend de Kovalev.

Les choses misent au point, Alex Kovalev a connu son meilleur match de la présente saison ! Trois points, dont un but, une implication et un effort incontestable, il a même été jusqu’à plonger devant un tir de l’adversaire !

Alors à tous ceux qui réclamaient la tête de Gainey cette semaine, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que cet "électrochoc", bien que inhabituel, a permis de relancer Kovalev. Pour combien de temps, difficile à dire, mais au moins, la preuve est faite qu’avec du travail et de l’implication, il contribue aux succès de l’équipe.

C’est vrai que je m’attendais à ce qu’on l’échange, et je pensais vraiment que Gainey avait jeté l’éponge dans son cas. Mais admettons tout de même que Kovalev est assez difficile à suivre. On sait de quoi il est capable, il nous en a fait la démonstration la saison dernière et… hier contre Ottawa ! Mais à 4.5 millions par année, est-ce normal de devoir régulièrement faire intervenir le GM pour le secouer ? Est-ce l’attitude d’un professionnel ?

Il pourrait très bien terminer sa carrière ici et passer pour un Dieu vivant, même si l’on sait tous que ce n’est pas un grand joueur comme Mario "Le Magnifique". Mais pourquoi semble t-il gâcher ses chances avec un tel comportement ?

Enflure médiatique

Filed Under (Hors glace, Humeur) by Jean-Philippe on 20-02-2009

Tagged Under : , , , ,

C’est hier, vers 17 heures, en écoutant d’une oreille distraite l’émission "Les amateurs de sports" à CKAC, que j’ai relevé une phrase de Réjean Tremblay. Il évoquait un gros événement pour le lendemain. Dans ma petite tête, et vu que je ne suivais pas vraiment la conversation, cela résonnait comme une transaction majeure.

À 19 heures, je passe à RDS pour suivre le match Montréal vs. Pittsburgh. Entre deux périodes, Michel Bergeron évoque une nouvelle qui fera l’effet d’une "bombe" (c’est son terme) et qu’il y aura plus de précisions lors de l’émission "L’antichambre". Mais vu la tête que fait Michel Bergeron, on sait tout de suite qu’il ne s’agit pas de bonnes nouvelles.

a_s_kostitsyn.jpg

Après le match, l’émission d’Alain Crête commence donc. Jacques Demers, Michel Bergeron, Bob Hartley et Normand Flynn ont tous des têtes de déterrés. Pendant toute l’émission, ils nous préviennent qu’ils ne peuvent rien dire, mais ce sont des tas d’allusions qui sont faites sur le plateau de l’émission.

Il est clair que l’on évoque un événement grave, très grave. Assez grave pour que Jacques Demers évoque, visiblement pris par l’émotion, les noms de Jean Béliveau et Pierre Boivin qui sont "des hommes droits et qui ont le CH à cœur". Jacques Demers et Michel Bergeron renchérissent : ils disent bien que c’est "du jamais vu" !

De là, sur le net, les partisans s’affolent et certains paraissent visiblement même effrayés, de ce qu’il va être dévoilé le lendemain. Des centaines de commentaires sur des blogues de hockey, montrent que les fans sont très inquiets…

Évidemment, n’ayant aucune information de la part des médias, la machine à rumeurs et à spéculations part !

On parle assez vite d"arrestations chez les joueurs, et là, je découvre la chronique de Réjean Tremblay , que je n’avais pas lu.

Rien que le début de sa chronique en dit long :

Dans la seule journée d’hier, j’ai reçu des appels de policiers, d’un avocat et d’un proche des joueurs de l’équipe.

Les histoires qu’on m’a racontées sont juteuses. Et les sources sont suffisamment crédibles pour que je les croie. Elles concernent des dirigeants de l’organisation et des membres des Amigos, ce groupe de fêtards que Jean Perron a fustigé.

"Policiers", "avocats"… vu qu’à 22h30 on ne savait toujours rien, les spéculations deviennent crédibles. De là, on parle de réseau de prostitution, de drogue, d’abus de filles mineurs et même de viol !

Ron Fournier, à CKAC, semble désarçonné. On sent qu’il veut s’ouvrir la trappe, mais il se retient. Il annonce que la nouvelle sortira aux alentours de 1h… Évidemment, je reste éveillé pour suivre l’affaire de près. Quand on entend qu’il s’agit de "jamais vu", que "les colonnes du Temple vont s’effondrer", on n’a pas le choix de rester à l’écoute.

Vers 00h30 finalement, un journaliste de CKAC s’est procuré un numéro de "La Presse"… et là, on évoque les frères Kostitsyn et Roman Hamrlik qui auraient, parmi leurs fréquentations, un membre de gang de rue. Il y a des éléments troublants, comme les cartes de crédit des frères K, mais aucune accusation pour les trois joueurs. Aucune accusation, mais également, aucune enquête qui serait en cours.

On attend la suite… mais en fait, tout est dit !

Trois pages. Trois grosses pages de La Presse, pour nous dire que les frères K seraient chums avec un criminel !

Trois pages concernant un problème troublant, certes, mais qui reste une nouvelle qui aurait eu normalement sa place en page 2 ou 3 du journal. Certainement pas en frontispice !

Et là, j’en entend pour nous dire qu’on aurait tort de critiquer le traitement de l’affaire dans les médias ! C’est vraiment se foutre de nous ! Ce ne sont pas nous, les partisans, les blogueurs, même les fe-fans, qui ont parlé de "jamais vu", de "Temple qui s’effondre", d’arrestations… Jacques Fabi, à CKAC, nous expliquait même la procédure lors d’une arrestation à l’atterrissage d’un avion !

Et Réjean Tremblay, lorsqu’il évoque dans sa chronique que des "dirigeants de l’organisation" du Canadien seraient impliqués, il parlait de quoi, à part de ce qu’il semble manifestement ignorer ?

Car il y a une notion fondamentale en journalisme, soit tu as des preuves, ou des éléments solides, ce qui te permet d’ouvrir la trappe et de dire ce que tu as à dire. Soit tu n’as rien et tu te tais ! Réjean "Bullshit" Tremblay est très fort dans les non-dits, les allusions vaseuses, les sous-entendus. Par contre, quand il est question de dire les choses franchement, honnêtement et clairement, il est aux abonnés absents.

Car il ne faudrait pas oublier une chose : elle est où l’exagération ? Elle est partie d’où cette enflure, cette baloone qui n’a pas cessé de gonfler toute la soirée ? Elle ne serait pas partie des ragots et sous-entendus balancés par Réjean Tremblay ? Elle ne serait pas partie des têtes longues à l’antichambre ou à 110%, qui nous parlaient d’un événement qui allait mettre à terre le Canadien ?

De mauvaises fréquentations de joueurs, c’est ÇA le "jamais vu" ? C’est ÇA la "bombe" ? Car si tout le monde avait attendu la sortie de la nouvelle, si les journalistes s’étaient bornés à commenter le match, à faire leurs analyses habituelles et à critiquer les décisions du coach, l’affaire aurait gardé tout son impact et son importance, au lieu de passer pour un "pétard mouillé", comparativement à toutes les rumeurs qui ont circulé.

Mais au lieu de faire un examen de conscience, les fautifs poussent l’audace jusqu’à dire qu’ils ont été très utiles au Canadien et que l’organisation allait maintenant avoir les coudées franches pour serrer la vis. Ben tiens ! Belle façon de se dédouaner de ses fautes !

Du coup, l’affaire des frères K parait beaucoup moins grave qu’elle devrait l’être en réalité. Les médias peuvent, effectivement, s’en féliciter.