Remise en contexte
L’an passé, les débuts du Canadien sont étincelants. L’équipe se permettant même de trôner au sommet de l’association de l’Est puis, ensuite, de chauffer les Sénateurs d’Ottawa. Ça se passe bien… sur la glace.
Dans la chambre des joueurs, un clan de fortes têtes prend de plus en plus d’espace. Il s’agit de Dagenais et de Ribeiro, de très grands chums, rejoins par Théodore, le gardien préféré de tous les partisans. Jusqu’au mois de novembre 2005, personne ne s’inquiétait de ce trio de joyeux fêtards.
Par contre, l’on pouvait déjà noter quelques divergences entre le trio à Théo et l’entraîneur-chef de l’époque, Claude Julien, qui commençaient sérieusement à peser sur l’ambiance dans l’équipe.
Claude Julien reprochait à Dagenais et Ribeiro leur manque d’éthique de travail. En effet, les deux attaquants du Canadiens se présentaient aux séances d’entraînement quand ça leur plaisaient, et avaient un niveau de jeu en dent de scie durant les matchs. Lorsque les victoires sont là , ça peut encore passer… lorsque les défaites s’enchaînent, c’est une toute autre histoire !
Le premier à écoper fût Pierre Dagenais. Après avoir passé quelques matchs dans les estrades, Dagenais fût cédé au club école du Canadien d’Hamilton. Insulte supplémentaire pour lui : aucun club ne le réclama au ballottage !
La messe était dite et Claude Julien devait secouer son équipe qui ne performait plus autant qu’en début de saison.
Mais voilà que celui sur lequel on mettait tant d’espoirs… s’effondra. José Théodore n’était plus que l’ombre de lui-même. Là aussi, personne ne s’inquiétait trop de ses performances en début de saison : la défense et l’attaque du Canadien était en béton armé… mais alors que les résultats de l’équipe montréalaise s’effondrèrent à partir de novembre, “Théo” n’était plus là pour sauver les apparences… et les matchs !
Celui qui était considéré comme l’un des meilleurs gardiens de la ligue nationale ne répondait plus à l’appel et ressemblait de plus en plus à une passoire de 5 millions de dollars !
Pourtant, Claude Julien lui laissera une chance et même plusieurs chances… mais rien n’y fait. José s’effondre, et même s’il maintien devant les journalistes que l’arrestation de son père, usurier notoire et de son beau-père qui est nulle autre que Guy Cloutier, ne l’affecte guère, on est en droit de penser que cela ne devait pas l’aider dans sa concentration.
Mais il n’y a pas que cela. Théo et Ribeiro étaient parfois plus présents dans les clubs branchés de Montréal, que lors des entraînements du Canadien. Ce sont des choses que l’on pardonne à des joueurs de ligues mineures (et encore !), mais pas à des joueurs payés plusieurs millions et qui ne font plus d’efforts dans ce pourquoi on les paie.
Julien n’en peut plus… Gainey ne semble pas mesurer l’étendue des dégâts et pense que Claude Julien reste trop gentil avec ses joueurs. Ce qui est peut-être vrai aussi…
Là , on a l’impression désagréable que Ribeiro veut faire payer à Julien la rétrogradation de son chum Dagenais. La situation devient intenable et Claude Julien est congédié en janvier 2006.
Bob Gainey, ancien joueur du Canadien, directeur-général du club, prend lui même les rênes de son équipe. Mais tout comme Julien, il arrive aux mêmes conclusions : il y a vraiment un problème avec Théodore… et il met toute son énergie à trouver une solution.
Gainey qui ne comprenait pas toujours que Julien préférait faire jouer Huet, alors que son joueur étoile payé 5 millions, servait juste à chauffer le banc pendant les matchs. Finalement, après quelques semaines, Gainey laissera à Cristobal le soin de poursuivre sur sa lancée, persuadé alors qu’il devenait le seul maigre espoir au Canadien de faire les séries.
Après le drame théâtral de sa fameuse blessure au talon, Théodore fût échangé à l’Avalanche du Colorado en retour de David Aebischer.
Même si Théodore était devenu la risée du public, ce fût un choc dans la métropole. Celui qui était sur presque tous les chandails, sur toutes les affiches, sur toutes les annonces du Canadien quittait l’équipe, tel un souverain déchu.
Restait le troisième du trio infernal, Mike Ribeiro.
Ribeiro a du talent. C’est un bon joueur qui a un sacré potentiel sur la glace. Le problème, c’est que pour arriver à briller sur la glace, il faut que ça lui tente… et ça n’a pas l’air de lui tenter souvent depuis quelques mois.
Ribeiro a eu la peau de Claude Julien, mais l’histoire est différente avec Gainey puis Carbonneau dans le décor. Le numéro 71 du Canadien ne peut plus vraiment jouer les fortes têtes alors que celui qui signe ses chèques est derrière le banc, remplacé cette année par Carbonneau, un ancien capitaine du Canadien, dernier vainqueur de la coupe Stanley… Carbo connaît très bien l’organisation du Canadien et n’est pas homme à se laisser faire par le “frais-chier” de service, alors qu’il traîne la patte sur la glace.
Il y avait des rumeurs de transaction cette été au sujet de Ribeiro, mais, tout comme lui, nous pensions que Carbo allait le laisser jouer en début de saison, histoire de lui donner une ultime chance… apparemment, il en fallait plus que ça et les jeunes recrues ont suffisamment rassurés Carbo et Gainey pour laisser partir le dernier du trio infernal.
De plus, je pense que Carbonneau ne voulait certainement pas voir des jeunes très prometteurs comme Chris Higgins, Tomas Plekanec et Guillaume Latendresse, se faire entraîner par Ribeiro sur la pente descendante. Alors on tire la flush et on repart sur de nouvelles bases.
Maintenant, il s’agira juste de réveiller nos Russes (Kovalev et Samsonov), qui se font parfois attendre au niveau des performances. Mais je ne m’inquiète pas trop… Kovalev a besoin de sentir une équipe forte à ses côtés pour lui donner des ailes et je pense que l’équipe de cette année est meilleure que celle de l’an passé.
Finalement, contrairement à ce que l’on pouvait croire, il y en a eu des changements chez le Canadien depuis la fin de la saison dernière ! Zednick, Bullis, Sundstrom, Ribeiro maintenant partis… Samsonov, Niinimaa, Johnson, Latendresse qui font leur entrée…
En attendant, Ribeiro va devoir se faire à la ville de Dallas et à son univers, comme vous le savez, impitoyable !