Atouts et faiblesses du Canadien

Filed Under (Analyse, Hockey) by Jean-Philippe on 08-10-2008

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Dans moins de 48 heures, le Canadien de Montréal débutera la saison de son centenaire. Équipe la plus ancienne dans la Ligue nationale de hockey, le Canadien version 2008-2009 n’en demeure pas moins une formation jeune et pleine de potentiel. Mais après être arrivée là où personne ne l’attendait la saison dernière, c’est à dire en première position de la conférence de l’Est, pour cette année, les attentes sont beaucoup plus grandes et la pression risque de ne pas être la même…

Alors histoire de faire le point sur la nouvelle équipe, voici un tour d’horizon des points forts et des faiblesses de nos Canadiens !

Les nouvelles cartes

Il y a tout juste un an, la plupart des commentateurs insistaient sur le fait que le Canadien ne s’était pas amélioré durant l’entre-saison. L’équipe montréalaise n’était pas parvenu à faire signer un joueur d’impact et la saison estivale n’avait pas été particulièrement fleurissante au niveau des acquisitions. Seule l’arrivée de Roman Hamrlik était parvenu a soulager, un peu, le moral des partisans, mais nous étions tous inquiets de voir partir Sheldon Souray et son tir foudroyant de la ligne bleue pour Edmonton.

Koïvu, Tanguay, Higgins

Cette année, nous pouvons compter sur trois belles acquisitions. La plus médiatisée reste sans doute celle de Georges Laraque, un joueur québécois de caractère, qui aidera à donner au Canadien une meilleure confiance sur la glace, plus d’impact à l’équipe et évitera à Mike Komisarek ou encore à Tom Kostopoulos de devoir faire la police pour protéger les joueurs clefs. Georges Laraque est sans doute le joueur qui nous a manqué lors de la deuxième ronde des séries contre Philadelphie.

La deuxième acquisition reste le fameux "plan B" de "l’opération Sundin", que Bob Gainey a dû déclencher, faute d’obtenir une réponse de l’attaquant suédois. Il s’agit de Robert Lang, un gros joueur de centre droitier, acquis des Blackhawks de Chicago. À 38 ans, Robert Lang ne devrait plus faire partie des plans du Canadiens à la fin de la présente saison, mais il devrait se rendre très utile dans un nouveau troisième trio véritablement offensif.

Maintenant, l’acquisition de Alex Tanguay reste, je pense, la plus importante pour l’équipe et son avenir. À 28 ans, l’attaquant québécois a encore de belles années devant lui et semble beaucoup plus motivé à jouer à Montréal, dans un système de jeu qui va lui permettre de s’illustrer, qu’à Calgary où les mésententes qu’il pouvait avoir avec Mike Keenan n’étaient un secret pour personne. Alex Tanguay, bien entouré et heureux de jouer, pourrait peut-être retrouver le niveau qu’il avait connu lorsqu’il jouait à Denver et approcher le plateau des 30 buts en saison. C’est à souhaiter.

Des atouts plein son jeu

Sans Sheldon Souray et sans apport majeur à l’attaque durant l’entre-saison, le Canadien de Montréal fût la deuxième meilleure offensive de l’ensemble des équipes de la ligue nationale, avec une moyenne de 3.13 buts par match (juste derrière Ottawa avec 3.15 buts par match). Avec l’arrivée de Alex Tanguay, mais également en créant une troisième ligne offensive et non plus défensive, le Canadien devrait conserver son atout à l’attaque.

Certes, Mark Streit ne sera plus dans l’alignement… mais déjà sans Souray, le Canadien est parvenu à demeurer en première position en avantage numérique. Tanguay, très bon passeur (on l’a vu à l’Å“uvre durant les matches de pré-saison), sera bien plus utile que le Ryder de l’an passé.

D’ailleurs, il est à souhaiter que le trio de Koïvu, secondé par Tanguay, fasse des étincelles cette saison, contrairement à l’an passé où l’offensive, il faut bien le dire, s’est en grande partie reposée sur la fougue du numéro 27. Avoir deux vrais trios qui se font concurrence à l’offensive, ne peut être que bénéfique pour le Canadien.

N’oublions pas les frères K (Kostitsyn), qui devraient, logiquement, poursuivre leur progression. Andreï et Sergeï, même si leur style de jeu est assez différent, pourraient devenir des pièces maîtresses à l’attaque.

Devant le filet, Carey Price sera le seul maître à bord. Terminé l’apprentissage. Fini les éternelles questions du genre "Est-ce que Price est le numéro 1 ou le numéro 2 ?"… Cette saison et contrairement aux précédentes, les choses sont bien claires et définies en partant. Cela devrait l’aider dans sa concentration, en lui évitant de devoir batailler avec un autre gardien, même si Halak n’a jamais caché son intention de devenir numéro 1 dans une équipe de la LNH. Seule incertitude, Carey Price est-il prêt à jouer entre 50 et 60 matches cette saison ?

Ensuite, en reconduisant le contrat de Guy Carbonneau pour plusieurs saisons (le nombre exact reste un secret), le Canadien semble vouloir en finir avec l’instabilité derrière le banc. Guy Carbonneau et Bob Gainey sont fait du même moule, ils se comprennent et agissent dans une belle synergie. De plus, en tant qu’ancien joueur du Canadien, ancien capitaine et vainqueur de la coupe Stanley, Carbonneau impose le respect chez les joueurs. Les clans semblent avoir disparus avec les départs de Théodore, Ribeiro, Dagenais, Rivet… ce qui apporte une toute autre dynamique dans le vestiaire. Georges Laraque en a d’ailleurs parlé hier à l’antenne de CKAC sports, il est impressionné par l’esprit de corps qui règne dans la chambre. Je suis convaincu qu’une bonne équipe n’est rien s’il n’y a pas cette cohésion que l’on semble constater depuis deux ans. Regardez Ottawa ou encore les Rangers de New-York, le problème ne semblait vraiment pas être le talent, mais plutôt l’esprit qui régnait dans l’équipe.

Pour terminer, un facteur plus psychologique qui pourrait être à double tranchant. Je veux parler du centenaire de l’équipe. Autant les célébrations pourront galvaniser l’équipe et les partisans, autant elles pourraient être un facteur de distraction pour les joueurs. Mais, au vu des réponses apportées par l’état-major du Canadien à ce sujet, il semblerait que la question a été prise en considération depuis un bon moment et que tout sera fait pour tenir les joueurs dans une concentration optimale.

Quelques mauvaises cartes encore en main

Avec 2.63 buts accordés par match en moyenne (13e dans la LNH), le Canadien n’a pas réussi l’an passé à rendre sa défensive aussi brillante que son attaque. Que dire également de sa capacité à tuer les punissions, alors que l’équipe pointait timidement en 15e position dans la ligue, avec 82.5% d’efficacité.

Évidemment, lorsqu’une équipe accorde régulièrement 30, 35 voir 40 tirs au but par match à l’adversaire, il faut s’attendre à ce que certaines rondelles finissent par rentrer ! La référence en défense, encore cette année, devrait être Détroit et même si Montréal n’a pas autant de grands talents en défense que les Red-Wings, il faudra absolument réduire le nombre de tirs sur Carey Price. Ça, c’est la première obligation pour le Canadien.

Ensuite, il faudra éviter les punissions stupides. Mention spéciale au capitaine Saku, qui a la fâcheuse habitude de laisser traîner son bâton là où il ne faudrait pas, surtout lorsqu’il arrive en fin de séquence. Il n’est pas le seul, mais l’exemple du capitaine de l’équipe restera toujours la meilleure motivation pour les autres joueurs.

Déjà, en réduisant le nombre de tirs de l’adversaire et les punissions stupides, nous devrions avoir une position un peu plus enviable au chapitre des buts accordés. Cela devrait nous aider à éviter de devoir "recoller" au score lors de certaines rencontres et de faire ce que l’on appelle du "hockey de rattrapage", toujours plus éprouvant pour la forme physique, surtout lors des semaines chargées du calendrier.

Pour nous aider, nous avons quatre bons défenseurs en les personnes de Markov (évidemment), Hamrlik, Komisarek et Gorges. Quand à Bouillon, O’Byrne et Brisebois, ils ne pèseront jamais très lourd face à aux meilleurs attaquants et devront être soutenus efficacement par l’attaque. Bon point d’ailleurs pour Tanguay et Lang, qui arrivent à bien paraître dans les deux sens de la patinoire, contrairement à un certain… Michael Ryder.

Autre point à améliorer, au grand désespoir de l’ancien spécialiste qu’était Guy Carbonneau, les fameuses mises au jeu ! Le Canadien a traîné de la patte la saison dernière, avec une piètre efficacité l’amenant en milieu de classement dans la LNH. De meilleures performances sur les mises au jeu, en particulier en zone défensive, pourrait également aider l’équipe à baisser le nombre de buts accordés.

Les cartes incertaines

La prochaine saison risque bien d’être déterminante pour plusieurs joueurs de l’équipe. Tout d’abord parlons de Guillaume Latendresse, joueur plein de promesses, mais qui n’a pas réussi à imposer un style. Certes, il est bien évident qu’avec 16 buts la saison dernière, on ne peut pas dire qu’il a été un mauvais joueur, mais il est aussi très clair qu’il pourrait produire plus et de manière plus régulière. Son gabarit est utile, mais à la condition qu’il sache bien se placer sur la patinoire. Néanmoins, il semblerait que Guillaume a su travailler un de ses points faibles qui était son coup de patin. Là-dessus, il a surpris tout le monde en gagnant en rapidité, cela devrait l’aider à mieux déjouer la défensive et donc, marquer plus facilement des buts.

Même s’il est moins talentueux que Latendresse, Maxim Lapierre devra aussi prouver qu’il peut être utile au Canadien. Personnellement, je trouve qu’il aurait intérêt à travailler son rôle de petite peste. Car même si cela ne sera jamais un "Sean Avery" version Québec, Maxim Lapierre a su gêner certains joueurs adverses à quelques occasions. Souvenez-vous en particulier de Sydney Crosby il y a deux ans, qui commençait à perdre patience lorsqu’on lui opposait Lapierre lors des mises au jeu.

Pour finir, les blessures… grande incertitude commune à toutes les équipes. Mais sachant que le Canadien a été relativement épargnée la saison dernière, nombreux sont les observateurs qui craignent le retour de balancier de cette fameuse "loi de la moyenne".

Cependant, il n’a pas lieu de paniquer. En attaque, plusieurs jeunes ont montré de très belles choses lors du camp d’entraînement. Le nom de Max Pacioretty est sur toutes les langues, mais pensons également à Ben Maxwell, qui pourraient très bien intégrer la grande équipe en cas de blessures. Du côté de la défense, il y a moins de profondeur, mais Yannick Weber en a surpris plus d’un et pourrait nous venir en aide au cas où… mais espérons que ni Markov, ni Hamrlik ne seront à remplacer.

En conclusion

Plus les saisons avancent, plus j’apprécie l’allure que prend la formation du Canadien. Cette année, avec trois vrais trios à l’attaque, le Canadien ne sera vraiment pas reposant pour les équipes adverses, qui devront composer avec un troisième trio loin d’être des joueurs faisant de la figuration.

Et pour une fois, l’objectif dans le vestiaire semble vraiment être la coupe Stanley. La motivation est palpable, le centenaire de l’équipe aidant, la fin de certains contrats également faut dire… les astres sont alignés cette année, reste à savoir si le club aura suffisamment de caractère pour sortir des périodes difficiles et des passages à vide.

Mais n’oublions pas non plus que nous ne sommes pas à l’abri d’une autre surprise. Bien des joueurs ont de la valeur dans l’équipe et Bob Gainey pourrait en profiter pour continuer son magasinage… même s’il a annoncé que l’équipe était complète, il n’est pas du genre à se reposer, alors que les attentes sont très fortes.