mai 04
2008Malgré tout le respect…
Filed Under (Humeur, Séries) by Jean-Philippe on 04-05-2008
Tagged Under : Bob Gainey, Carbonneau, Carey Price, Coupe Stanley, Cristobal Huet, Habs, Higgins, Kovalev, Montréal, Rumeurs, Séries éliminatoires, Ste-Flanelle, Transactions, Tricolore
J’ai beaucoup de respect pour Réjean Tremblay. J’aime le lire et l’écouter s’exprimer sur notre sport favori, mais il y a des moments où je ne le suis pas du tout.
Aujourd’hui dans La Presse, Réjean Tremblay semble absolument vouloir se donner raison, en revenant sur le 26 février, date limite des échanges. Mais lisez plutôt ce qu’il écrit (extrait) :
Vous vous rappelez, le 26 février dernier, je vous écrivais tout le bien que je pensais de la grande journée des transactions dans la Ligue nationale. Ce jour-là , Bob Gainey est allé déclarer que le Canadien était meilleur en fin d’après-midi qu’il ne l’était le matin même. Alors qu’il venait de perdre Cristobal Huet et qu’il avait échoué à greffer Marian Hossa à son équipe.
Le pire, c’est que les journalistes et les fans ont cru l’histoire de Gainey!
Ne pensez-vous pas qu’un gardien d’expérience contre les Flyers et un Marian Hossa, pour marquer les deux ou trois buts qui ont cruellement manqué au Canadien, auraient fait la différence dans cette élimination en cinq matchs?
Se faire éliminer par une bonne équipe, ce n’est pas grave. C’est la loi du sport. Mais abuser de la bonne foi aveugle des fans, ce n’est pas joli.
Sur Carey Price…
Déjà , s’il y a une chose pour laquelle je peux donner en partie raison à Réjean Tremblay, c’est sur l’échange de Cristobal Huet. Pour le peu que le Canadien à obtenu en retour, mais aussi pour avoir fait le pari de ne pas avoir de vétéran, au moins “au cas où”, devant le filet pour les séries, je peux comprendre sa frustration. Mais d’un autre côté, c’était un risque, un pari. Si le Canadien était arrivé en finale, on aurait tous crié “Ô génie !”. Le malheur, c’est qu’il a trébuché en deuxième ronde. Il faut dire tout de même que le Canadien avait de bonnes chances de perdre Cristobal Huet à la fin de la saison, avec rien en retour, Bob Gainey a préféré s’en défaire contre un choix de deuxième ronde en 2009… Oui, c’est pas grand chose… je l’accorde.
Cependant, il ne faudrait pas non plus que Réjean Tremblay, oublie la période située entre ce fameux 26 février et le début des séries. Les solides performances de Carey Price, corroborées par des statistiques très honorables et même supérieures à la période d’avant la date limite des échanges, ont donné en partie raison au Directeur-général du tricolore. Mieux qu’une place en série, qui était (je le rappelle aux quelques amnésiques qui pourraient me lire), l’objectif de la direction au début de la saison, Carey Price et le reste de l’équipe, ont porté, ensemble, la Ste-Flanelle au sommet de leur association. Suivant le cliché très répandu : “Si l’on nous avait dit ça début octobre…”
Il est vrai que pour les séries, “Jésus” Price, comme il a été nommé par quelques Ayatollahs, un tantinet dépourvu du minimum d’objectivité requis, n’a pas été à la hauteur de sa fin de saison. Mais à qui faire porter le blâme ? Ton équipe arrive à la première place dans l’Est, en bonne partie avec Carey Price (il a joué 41 matches cette saison), tu n’es pas pour commencer à douter de ses performances, une fois arrivé en séries éliminatoires ! Il faut être logique tout de même ! À en lire certains, pour qu’un gardien puisse jouer à Montréal, il faut qu’il égale au minimum Patrick Roy. En suivant cette même logique, il fallait (ce n’était pas facultatif), que Carey Price remporte la Coupe Stanley à son année de recrue. Wow ! Passer d’une équipe qui n’était même pas censé faire les séries, à une équipe championne, il semblerait que quelques-uns n’éprouvent aucune difficultés à franchir le pas.
Il apprend. Il n’a que 20 ans… et soyez bien certains que ce que l’expérience qu’il a assimilé durant ces séries, l’aidera pour la suite de sa carrière et, pourquoi pas, à pouvoir brandir la coupe sur la rue Ste-Catherine.
Sur Marian Hossa…
Là où je ne suis absolument pas d’accord avec Réjean, c’est au sujet de Marien Hossa. C’est vrai que j’aurai vraiment aimé qu’il vienne jouer à Montréal. Je suivais de près toutes les rumeurs (souvenons-nous des fameux “gants” portant les initiales “MH”) et sur le coup, j’ai été très déçu de le voir jouer à Pittsburgh.
Mais voyant ce qu’il a coûté aux Penguins, voyant surtout ce que le Canadien aurait pu perdre pour avoir la chance de le compter parmi eux, je suis désolé, mais je ne suis pas certain que cela aurait été une bonne chose. Les Pens ont mis sur la table Erik Christensen, Colby Armstrong, Angelo Esposito et un choix de première ronde en échange de l’ancien attaquant des Trashers. À la suite de l’échange, il semblait qu’il y avait une relative unanimité pour dire que cela été très (trop) cher payé pour un joueur qui devra renégocier son contrat à la fin de la saison.
Les Penguins ont hypothéqué une partie de leur avenir pour un cas incertain au 1er juillet, qu’aurait coûté cet échange pour le Canadien ? Higgins, Ryder, O’Byrne, Streit, Locke ? Si selon Réjean Tremblay le Canadien ne s’est pas amélioré après le 26 février, est-ce que cela aurait aussi été le cas, à long terme, en se séparant d’autant de jeunes et d’espoirs ? Avec un Crosby et un Malkin, l’impact est aussi immédiat qu’évident, mais avec un Koïvu et un Kovalev, le succès aurait-il été le même ? Avec ou sans Marian Hossa, l’équipe du Canadien en aurait arraché face aux Penguins.
Ce que je crois, et ce que je vois, c’est que depuis 4-5 ans, le Canadien progresse, se reconstruit. Sa base et sa profondeur prend de l’ampleur… quand est-il de la profondeur de Pittsburgh ? Vont-ils pouvoir garder Hossa, Malkin et Crosby comme ça pour bien des saisons encore ?
On se fie sur des hypothèses. “Si Hossa avait été à Montréal”… “Si Huet était resté”… C’est vrai que c’est facile d’avoir raison après coup, après une défaite. Mais ce que je vois, ce sont juste les faits : l’an passé, le Canadien n’a pas participé aux séries, de peu certes, mais tout de même. Cette année, après avoir avoir terminé premiers, les joueurs de Guy Carbonneau inspirent le respect et plus personne n’ose prendre l’équipe à la légère. Et pour paraphraser Koïvu, on peu difficilement passer d’un niveau “moyen”, à la coupe Stanley en l’espace de deux saisons.
On s’accorde tous à dire que l’avenir du Canadien est très prometteur, Réjean serait donc parmi les seuls à penser le contraire ?
Les attentes seront bien plus fortes la saison prochaine, c’est à ce moment-là que l’on pourra véritablement juger du travail de ces dernières années. Mais la progression est belle et bien là , quoiqu’en dise Réjean Tremblay.







Canadien de Montréal, saison 2007-08: